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10 ans après, quel bilan ?

L’inscription sur la prestigieuse Liste du patrimoine mondial est une véritable reconnaissance internationale. Elle est hautement symbolique et confère aux Lagons de Nouvelles Calédonie et à ses écosystèmes associés une appartenance non plus aux seuls calédoniens mais aux peuples du monde entier. Les lagons font ainsi partie des trésors inestimables qui participent à la construction de nos identités, de notre patrimoine et auxquels nous sommes si attachés.

Quelques engagements s’imposent de fait aux gestionnaires de sites inscrits au patrimoine mondial, notamment, parmi les plus importants celle de disposer de plans de gestion impliquant les populations locales.

C’est ainsi que depuis 2007, la gestion participative est devenue une norme en Nouvelle Calédonie. Aujourd’hui plus question de penser la gestion et les actions à entreprendre sans consultation préalable. Des populations locales, aux scientifiques et associations, de nombreux acteurs et expertises sont entendues et prises en considération. Ainsi on compte aujourd’hui 13 comités de gestion pour le bien inscrit alors qu’il n’en existait qu’un au moment de l’inscription. Et ils existent désormais au-delà des frontières du site inscrit (Poya, Thio, etc.). Quant aux plans de gestion, il en existe aujourd’hui 10 pour l’ensemble des zones du bien.

Que trouve-t-on dans ces plans de gestion ? Quelles mesures ont été prises et actions entreprises pour préserver nos lagons et les services qu’il nous rend ?

Chacune des trois provinces dispose désormais de codes de l’environnement et de brigades de gardes nature. Ces dispositions juridiques qui s’appliquent à l’ensemble des espaces naturels sont une des clés de voûte de la gestion et de la protection du bien. Les prélèvements sont limités, les activités réglementées. Des aires marines protégées ont été créés, près de 350 000 ha au sein du bien inscrit, permettant de gérer la ressource, la fréquentation etc.

Plusieurs réseaux de suivi ont été mis en place afin d’assurer que les critères qui nous ont valu l’inscription il y a 10 ans sont toujours maintenus.

Des suivis des récifs sont réalisés tous les cinq ans par des scientifiques. A cela s’ajoute des suivis participatifs réalisés annuellement par des réseaux associatifs de bénévoles.

Des suivis d’oiseaux marins, de tortues, de dugongs etc. contribuent à l’amélioration des connaissances et aux efforts de conservation.

Les pressions bien que présentes sont relativement faibles au regard de la faible densité de population et comparativement à la plupart des autres biens inscrits dans le monde.

Contrairement à nos voisins australiens, les lagons de Nouvelle Calédonie sont, pour l’instant, beaucoup moins affectés par le blanchissement corallien. L’épisode subit en 2016 n’a heureusement laissé que peu de traces. La plupart des récifs coralliens touchés ont retrouvé leur état d’origine et la mortalité est assez faible.

En Nouvelle Calédonie les menaces viennent essentiellement de la terre, liées aux activités humaines. Aussi une attention particulière est accordée aux zones tampons terrestres : lutte contre les incendies, contre les espèces envahissantes, amélioration des systèmes d’assainissements sont autant de points sur lesquels œuvrent les gestionnaires. Côté marin, les quantités pêchées par les professionnels sont clairement quantifiées, la pêche informelle, elle, reste mal connue. Des projets sont en cours pour combler ce manque d’information.

Les suivis de ponte de tortues sont réalisés par des bénévoles.

Les suivis des récifs permettent d’évaluer leur état de santé. Le CEN et l’UNC travaillent ensemble cette année afin de réaliser une synthèse de l’état de santé et de son évolution depuis l’inscription.

Des actions de plantations et restauration de mangrove

Les mats installés sur les ilots du grand lagon sud permettent aux oiseaux marins de nicher et se reproduire en toute tranquillité

Des aires marines protégées allient usages et règles de gestion traditionnelles

Des scolaires au tout public la sensibilisation est un outil puissant pour faire évoluer les comportements.

L’animation du réseau des comités et associations de gestion est indispensable pour maintenir les dynamiques.

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